lundi 30 mars 2020

Paris Violence - Les Marches du Royaume



[Couplet 1]
Quelle est la force centrifuge
Qui m’a poussé hors de la vie
Quel est l’horrible subterfuge
Qui m’a fait échouer ici ?
Ai-je bu trop de doubles scotchs
Ou n’en ai-je pas bu assez ?
Pour m’être accablé du reproche
De ne pas savoir m’enivrer !

[Refrain]
Ai-je passé trop de nuits blanches
A scier, attentif, la branche
Où le hasard m’avait assis ?
Ai-je découpé trop de planches
Pour des radeaux si peu étanches
Que j’en ai fait des crucifix !

[Couplet 2]
TGV, wagon-restaurant
Les paysages qui défilent
Sont si mornes et inutiles
En regard de ce qui m’attend
Quand donc aurai-je le courage
D’imposer une fois pour toutes
Le sens unique du voyage
Au désordre de mes déroutes ?

[Refrain]
Ai-je erré comme un somnambule
Tournant un stupide pendule
Sur une source bien connue ?
Trop orthodoxe noctambule
Grisé de la danse des bulles
Je ne l’ai pas vue et pas bue !

[Pont]
Et sans fin je me perds, et sans fin je sillonne
Les sentiers sinueux des marches du royaume
Nocturne cavalier au chemin indécis
Je me sens comme un livre
Qu’on n’aurait pas encore écrit

[Couplet 3]
Le TGV arrive enfin
Et les voyageurs impatients
Encombrent le compartiment
Avec leurs stupides gamins
Et moi mal réveillé encore
J’attends pétrifié d’émotion
De savoir à quelle station
Je vais descendre dans l’aurore

[Refrain]
Ai-je vraiment trop voyagé
Pour avoir pris ce fâcheux trait
De toujours oublier vers où ?
Ou est-ce mon âme affolée
Qui par amnésie assumée
M’a posé quelques garde-fous ?

[Outro] x2
Et sans fin je me perds, et sans fin je sillonne
Les sentiers sinueux des marches du royaume
Nocturne cavalier au chemin indécis
Je me sens comme un livre
Qu’on n’aurait pas encore écrit

dimanche 29 mars 2020

Paris Violence - La Fascination de l'Abîme



[Couplet 1]
Ne serait-on réduits qu’à fuir
Sans cesse poussés en avant
Par ce magnétisme du pire
Qu’est le grand aimant du néant ?
Son champ négatif nous éloigne
Nous jetant passifs et idiots
Dans les griffes qui nous empoignent
De son odieux frère jumeau

[Refrain]
Ne ferait-on donc jamais rien
Que poussés par la peur du rien ?

[Couplet 2]
L’homme est coincé entre deux gouffres
Et erre dans ce vide double
Vomissant ses filets de soufre
Et il nage dans les eaux troubles
Du grand fleuve du devenir
Qui est celui du disparaître
Sans planche pour se retenir
Et sans dieu auquel se remettre

[Refrain]
Ne ferait-on donc jamais rien
Que poussés par la peur du rien ?

[Couplet 3]
Et le lourd courant nous emporte
Et l’on se perd dans ses rapides
Croyant entrevoir une porte
Quand s’ouvre la faille sordide
On entend de célestes harpes
Mais c’est une marche funèbre
Et la lumière qui nous happe
N’est qu’une plus noire ténèbre !

[Refrain]
Ne ferait-on donc jamais rien
Que poussés par la peur du rien ?